Soyons honnêtes : depuis son introduction en Italie, le secteur du biogaz a fortement divisé les agriculteurs. D’une part, certains l’ont considéré comme largement inefficace pour répondre aux besoins réels des entreprises agricoles, le considérant comme un secteur complexe et coûteux très éloigné de la gestion quotidienne d’une ferme traditionnelle. D’autre part, d’autres y ont vu une opportunité potentiellement révolutionnaire, capable de transformer les déchets et les sous-produits en valeur, de réduire l’impact environnemental et de générer un flux économique alternatif plus stable. Cette double perspective découle en grande partie de facteurs tangibles. Les petites exploitations agricoles ou celles dont la capacité d’investissement est limitée ont souvent eu du mal à considérer la production de biogaz comme utile à leur modèle de production, tandis que des opérations plus structurées et innovantes ont rapidement saisi les avantages de l’intégration de la production agricole avec les énergies renouvelables. Les politiques de soutien, le progrès technologique et l’accès au savoir ont renforcé ce fossé initial entre scepticisme et confiance. Au fil du temps, cependant, l’image a évolué. L’expérience de terrain, les améliorations dans la gestion des plantes et l’intérêt institutionnel croissant pour l’économie circulaire ont réduit les critiques précoces, renforçant la perception du biogaz comme une partie intégrante d’une nouvelle vision agricole et énergétique. En 2025, le secteur a essentiellement atteint un stade de maturité, le positionnant parmi les segments clés actifs dans la transition écologique nationale. Les directives européennes, la poussée vers la neutralité climatique et la nécessité de systèmes agricoles plus résilients ont donné un nouvel élan au biogaz, le transformant d’une expérience de niche en une composante stratégique du mix énergétique et du modèle agricole en Italie et en Europe.
L’introduction du biogaz en Italie n’a pas été soudaine. Il est le résultat d’un processus progressif impliquant le secteur agricole, l’industrie et les institutions. Dès les années 2000, certaines fermes ont commencé à expérimenter la digestion anaérobie comme solution pour valoriser les déchets d’élevage et réduire l’impact environnemental des opérations. À ce stade, la technologie était davantage perçue comme une expérience pionnière que comme une véritable alternative commerciale. Les premières générations de plantes étaient complexes, nécessitant des investissements importants et un entretien continu. Pourtant, certaines fermes ont immédiatement reconnu le potentiel de cette technologie : transformer les déchets en ressource, produire une énergie propre et obtenir du digestat utilisable comme engrais. Cependant, la complexité technique et les coûts d’exploitation ont rapidement créé une sélection naturelle : seuls ceux avec les bonnes compétences, le capital et la capacité organisationnelle pouvaient maintenir des usines opérationnelles. Avec l’introduction de mécanismes d’incitation énergétique, le biogaz a commencé à jouer un rôle plus pertinent. L’attention croissante portée aux énergies renouvelables et l’urgence de la réduction des émissions ont conduit le secteur agricole à évaluer cette option plus sérieusement. C’était une période où les perspectives économiques, soutenues par des tarifs incitatifs, ont aidé à diffuser le modèle, transformant de nombreuses fermes en unités de production d’énergie à petite échelle. Cependant, la croissance n’était pas sans contradictions. Certaines fermes ont traité le biogaz comme une activité secondaire, se concentrant davantage sur la production d’énergie que sur l’intégration vertueuse avec l’agriculture. D’autres considéraient la digestion anaérobie comme un outil pour améliorer la durabilité de leur chaîne d’approvisionnement, réduire les émissions et valoriser les sous-produits.